La finale? Elle est là. Toute proche. A portée de crosse de ces Aigles plus efficaces que spectaculaires qui couchent sur six succès consécutifs (trois contre Rappi, trois contre Gottéron) et qui n’ont désormais besoin que d’une victoire pour obtenir leur place pour le combat des chefs 2008.
«Il ne nous reste plus qu’à nous déguiser en Abeille», image Serge Pelletier, en faisant allusion au symbole du HC La Chaux-de-Fonds, récent tombeur de Lausanne après avoir mené 3-0 dans la demi-finale de LNB. Mais FR Gottéron, le faiseur de miracles qui a laissé tant d’énergie lors des trois dernières semaines, a-t-il encore les ressources physiques et morales pour gommer son lourd passif contre GE Servette? L’aiguille tend plutôt vers le non…
En effet, dans la quasi-totalité des registres décisifs à ce niveau de la compétition, les hockeyeurs lémaniques ont un petit truc en plus que leurs rivaux de Saint-Léonard.
Ils ont la chance de pouvoir composer avec un groupe en santé (à l’exception de Jan Cadieux) alors que les Fribourgeois souffrent de l’absence de Sébastien Caron et de Marc Chouinard. Dans des duels aussi défensifs, le joueur de centre québécois assumerait un rôle majeur.
Le coup de pouce de M. Reiber
Ils répondent parfaitement à l’adage des play-off qui prétend que «la meilleure attaque, c’est la défense». Lors des 140 dernières minutes, ils n’ont accordé que deux buts. Hier encore, par leur bonne organisation, ils n’ont pas permis aux Dragons de créer du trafic devant le filet de Gianluca Mona, alerté, souvent de loin, à 23 reprises.
Ils maîtrisent mieux les situations spéciales que le huitième de la saison régulière. Dans cet acte No 3, où Morris Trachsler a subi la première exclusion de sa carrière en ligue nationale, ils ont signé leurs quatre goals en avantage numérique.
Enfin, hier, ils ont bénéficié d’un coup de pouce de l’arbitre, Brent Reiber. Le head canadien, qui a manqué de constance, a souvent expédié des Fribourgeois au cachot pour des motifs farfelus. Si les Aigles ont ajusté 28 de leurs 42 tirs en power-play, patiné pendant 3′29 à cinq contre trois et obtenu leur troisième point dans ces circonstances, c’est aussi parce que le zèbre a manqué de clairvoyance.
Regrettable. Car GE Servette n’avait pas besoin de ça pour imposer s a supériorité.
«L’arbitrage a frôlé le ridicule»
Les Fribourgeois veulent un autre directeur de jeu pour l’acte numéro 4. Les Genevois ont vu un Brent Reiber inspiré.
«La première étoile du match de ce soir revient à Monsieur Reiber!» Au terme du match perdu (en infériorité numérique) par les siens, le coach fribourgeois Serge Pelletier ne mâche pas ses mots envers l’arbitre - qui s’est cassé un doigt hier. L’entraîneur québécois, si posé d’habitude, se lâche. «Voyons donc, regardez les pénalités sifflées contre nous. Il ne faut pas exagérer! Si j’ai gardé mon calme sur le banc, c’était uniquement parce que ça frôlait le ridicule.»
L’entraîneur genevois Chris McSorley analyse différemment les décisions du directeur de jeu: «Notre équipe est fraîche, la leur est fatiguée ou blessée. Dans ces conditions, vous concédez automatiquement plus de punitions.» Goran Bezina est d’accord: «L’arbitre n’a pas été sévère, il a simplement tenu sa ligne durant tout le match et durant toute la saison d’ailleurs.»
Le président fribourgeois Daniel Baudin prend son contre-pied: «C’est Monsieur Reiber qui a décidé de l’issue de ce derby. Déjà au début de la série contre Berne, il nous avait pris en grippe.» Ainsi les dirigeants fribourgeois demanderont-ils un changement d’homme zébré en vue de l’acte numéro 4. «Ils font ce qu’ils veulent», tranche Goran Bezina.

